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NARVAL@TBL : le premier observatoire du magnétisme des astres
Par Jean-Francois Donati - 20/09/2007
NARVAL : communiqué de presse #1
NARVAL@TBL : le premier observatoire du magnétisme des astres
NARVAL vient d’être installé sur le Télescope Bernard Lyot[1]
au sommet du Pic du Midi.
Comme ESPaDOnS, qui équipe le Télescope Canada-France-Hawaii[2]
et dont il est le frère jumeau,
c’est un spectropolarimètre stellaire, un instrument astronomique
spécialement conçu et optimisé pour étudier les champs magnétiques des astres,
et en particulier leurs effets sur la vie des étoiles et des planètes qui les entourent.
Grâce à NARVAL, le Télescope Bernard Lyot devient le
premier observatoire au monde
dédié à ces études. Et comme le Soleil se couche sur Hawaii quand
il se lève sur les Pyrénées, NARVAL et ESPaDOnS, lorsqu’ils travaillent de concert,
ne perdent plus une miette des secrets de la vie magnétique des étoiles !
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Une nouvelle nuit d’observation commence au Télescope Bernard Lyot, au sommet du Pic du Midi, qui vient d’être équipé du spectropolarimètre
NARVAL, le frère jumeau d’ESPaDOnS
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Un réseau complexe de lignes de champ magnétique surgit de la surface de la bébé-étoile
SU Aurigae.
Cette image a été obtenue grâce à l’effort conjoint de NARVAL et ESPaDOnS.
Cliquer sur l’image pour animer l’étoile.
(© JF Donati, MM Jardine).
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"Les champs magnétiques sont des ingrédients essentiels dans la vie des étoiles.
Ils sont à la fois traceurs de leur histoire et acteurs de leur évolution" explique
Pascal Petit, jeune astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Toulouse-Tarbes
(CNRS, Université Paul Sabatier, Observatoire Midi-Pyrénées) et responsable
scientifique de NARVAL. "On pense
par exemple que le champ magnétique du Soleil pourrait être à l’origine du petit âge glaciaire,
cette période de froid intense qui s’est abattue sur l’Europe pendant le règne de
Louis XIV. Plus spectaculaire encore : le champ magnétique est capable de
perturber la naissance des étoiles, en modifiant la
quantité de matière à partir de laquelle elles se forment. Mais aujourd’hui,
relativement peu de choses sont connues au sujet de ces champs magnétiques - même
celui du Soleil reste encore un mystère pour nous !" reconnait Pascal Petit.
"Grâce à NARVAL, nous disposons maintenant d’un instrument et d’un télescope dédiés à
l’étude des champs magnétiques des astres" déclare Michel Aurière,
astronome au Laboratoire d’Astrophysique de Toulouse-Tarbes et porteur du projet NARVAL.
"ESPaDOnS n’est disponible qu’une
petite fraction du temps, partageant les nuits au télescope Canada-France-Hawaii avec d’autres
instruments également très sollicités. L’arrivée de NARVAL, frère jumeau d’ESPaDOnS,
va permettre aux astronomes
français et étrangers de mettre les bouchées doubles et de mener
des projets beaucoup
plus ambitieux qu’auparavant." "Les scientifiques de plusieurs pays ne s’y sont pas
trompés, en prenant d’assaut le télescope dès son ouverture à la communauté !" confie David Mouillet,
directeur du TBL jusqu’à fin 2006.
Pour démontrer la puissance et l’apport de NARVAL, SU Aurigae, une bébé-étoile située à
environ 450 années-lumière du Soleil, a été scrutée en continu, à la fois par
NARVAL et ESPaDOnS[3]. "D’un âge de seulement quelques millions
d’années, SU Aurigae est environ 1000 fois
plus jeune que le Soleil" explique Jean-François Donati, directeur de recherche au CNRS
et concepteur d’ESPaDOnS et NARVAL. "A cet âge, une étoile n’est pas encore entièrement
formée et continue d’attirer à elle la matière qui l’entoure. Une fois captée dans la
"toile" magnétique, la matière est ensuite drainée vers l’étoile le long des lignes de
champ, comme des perles le long d’un fil. Ces observations suggèrent que
la "toile" magnétique
de SU Aurigae est bien plus complexe qu’initialement prévu par les modèles de formation
stellaire" révèle Jean-François Donati.
NARVAL[4] est un projet mené par l’équipe technique du Télescope
Bernard Lyot et par le Laboratoire d’Astrophysique de Toulouse-Tarbes ; il a bénéficié
de l’expertise scientifique et technique unique au monde que l’équipe de recherche
Toulousaine a accumulée dans le domaine de la spectropolarimétrie astronomique depuis
maintenant une décennie. Intégré à Tarbes, NARVAL a été ensuite
installé et testé avec succès au Pic du Midi à l’automne 2006, puis
offert à la communauté scientifique internationale fin 2006.
D’un coût total d’1 M€ environ, NARVAL
a été financé par la Région Midi-Pyrénées et le Ministère de la Recherche (dans le cadre
du Contrat de Plan Etat-Région), le conseil Général des Hautes Pyrénées, l’Union
Européenne (crédits FEDER) et l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU) du CNRS.
Contacts :
Jean-François Donati, concepteur NARVAL/ESPaDOnS, tel : 0561332917
Michel Aurière, porteur
projet NARVAL, tel : 0562566019
Pascal Petit, scientifique
projet NARVAL, tel : 0561332828
Rémi Cabanac, directeur TBL, tel : 0562566038
Liens :
communiqué CNRS/INSU
page NARVAL (en anglais)
page ESPaDOnS (en anglais)
page TBL
page Pic du Midi
[1]
Le Télescope Bernard Lyot (TBL), dont le miroir primaire mesure 2m de diamètre, est
financé par l’Institut National des Sciences de l’Univers (INSU) du CNRS
[2]
Le Télescope Canada-France-Hawaii (TCFH) est financé par l’INSU/CNRS, le National
Research Council Canadien et l’Université d’Hawaii.
[3]
Ce résultat a été obtenu dans le cadre d’un projet scientifique international,
coordonné par Jean-François Donati (LATT, Observatoire Midi-Pyrénées, CNRS/Université
Paul Sabatier) et impliquant Pascal Petit et Frédéric Paletou (LATT), Jérome Bouvier,
Jonathan Ferreira, Catherine Dougados et François Ménard (LAOG, Observatoire de Grenoble,
CNRS/Université Joseph Fourier) et les astronomes britanniques Moira Jardine, Andrew Cameron,
Tim Harries, Gaitee Hussain et Yvonne Unruh.
[4]
La réalisation de NARVAL a mobilisé une grosse partie de l’équipe du Télescope Bernard Lyot,
notamment Christophe Montheil (optomécanique), Laurent Guesdon (électronique),
Philippe Ambert et Thierry Louge (informatique) ; NARVAL a aussi bénéficié de l’aide du groupe
d’instrumentation du LATT, avec Laurent Parès (optique), Gérard Gallou (mécanique), Patrick
Couderc et
Francis Beigbeder (détecteur), et des services généraux de l’OMP avec René Dorignac (mécanique).
Le projet NARVAL a été encadré par Michel Aurière (porteur
projet), Pascal Petit (scientifique projet), David Mouillet (directeur TBL), Francis Lacassagne
(responsable logistique), Jean-Pierre Dupin (planning) et Jean-François Donati (expertise
technique et scientifique en spectropolarimétrie).
© Jean-François Donati, last update Jan 29 2007.
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